Forum Economique Breton 2024

ANTHONY STREICHER, PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION GSC « DÈS LA CRÉATION DE SON ENTREPRISE, IL EST URGENT D'OPTER POUR UN FILET DE SÉCURITÉ FINANCIER COMME LA GSC »

Pourquoi est-il important pour vous de participer à l'édition 2023 du FEB ? 

Participer au FEB en tant que partenaire est un grand moment pour l’association GSC qui s’attache à venir à la rencontre des entrepreneurs dans les territoires, notamment en Bretagne. Nous sommes en effet convaincus de l’importance d’informer et de sensibiliser chacune et chacun des risques inhérents à l’entrepreneuriat, en particulier de perte d’emploi. C’est d’ailleurs tout l’esprit de notre Observatoire de l’Emploi des Entrepreneurs en Bretagne qui mesure le nombre de chefs d’entreprise ayant perdu leur activité dans la région (plus de 1500 en 2022) et dresse leur « portrait-robot ». Nous sommes également engagés sur le terrain auprès des entrepreneurs bretons qui peuvent s’appuyer depuis octobre 2022 sur Isabelle Pijnakker, notre responsable du développement en Bretagne et interlocutrice privilégiée pour toute question liée à la GSC. Nous sommes donc ravis d’être partenaire du FEB, lieu d’échanges, de rencontres, et surtout d’hybridation des idées pour construire un entrepreneuriat de demain responsable, juste mais aussi plus protecteur ! 

Comment l’association GSC accompagne-t-elle les chefs d’entreprise dans leur démarche de protection personnelle ? 

 L’association GSC a été créée il y a plus de 40 ans par les organisations patronales (Medef, CPME, U2P) afin de permettre aux chefs d’entreprise de se protéger face au risque de perte de leur activité. Une action d’autant plus nécessaire que les chefs d’entreprise ne relèvent que très rarement de Pôle Emploi et donc du « chômage ». Notre action s’articule autour de 3 axes : 
- La sensibilisation des entrepreneurs à l’anticipation et à la maîtrise des risques pouvant impacter leur trajectoire personnelle par des ateliers, matinales, conférences, formations, webinaires… ; 
- Le mise à disposition d’un produit d’assurance perte d’emploi (la GSC) pour les mandataires sociaux, travailleurs non-salariés et créateurs/repreneurs d’entreprise ; 
- La préservation des intérêts de nos affiliés GSC en leur apportant une aide concrète comme par exemple le Fonds Social GSC (jusque 5 000€) pour les entrepreneurs rencontrant des difficultés financières personnelles. 

Pouvez-vous nous présenter l'assurance GSC en quelques mots ? 

L’assurance GSC permet aux entrepreneurs de bénéficier d’un revenu en cas de perte involontaire de leur emploi. Le chef d’entreprise peut choisir entre deux niveaux d’indemnisation de 55% ou 70% de son revenu net fiscal annuel sur une période de 12, 18 ou 24 mois. Un calculateur en libre accès sur le site gsc.asso.fr permet de se faire une idée très concrète du montant de son indemnité et de sa cotisation en fonction de son profil et des options choisies. La GSC comprend également une formule dédiée aux créateurs/repreneurs qui peuvent bénéficier d’une indemnité annuelle de près de 6 400 € pour une cotisation de 43 € par mois. Chaque entrepreneur peut donc choisir une formule adaptée à sa propre situation ! Enfin, les entrepreneurs ayant souscrit à l’assurance GSC bénéficient d’avantages compris dans leur contrat comme une assistance-emploi pour faciliter leur rebond ou la déductibilité fiscale des cotisations Loi Madelin pour les travailleurs non-salariés. 

Trop peu de chefs d’entreprise connaissent l’existence de ce type d’assurance. Pour quelles raisons ? 

Tout d’abord, l’existence d’un tabou autour de l’« échec » qui empêche les entrepreneurs d’imaginer une possible perte de leur entreprise. Sur ce point, force est de constater que le « culte de la réussite » entrepreneuriale perdure : la prise de risque, qu’importe les conséquences, est encore bien trop souvent glorifiée. Or, à l’association GSC, nous pensons que l’entrepreneur ne doit pas être un joueur de poker prêt à tout pour « gagner ». Au contraire, nous plaidons pour un risque « maitrisé ». Cela ne signifie pas qu’il faille céder à une approche anxiogène. Bien au contraire, nous devons nous attacher à mettre des mots sur ce sujet, de manière optimiste mais lucide et sans tabou. Et cela commence par informer les chefs d’entreprise des solutions leur permettant d’anticiper et se protéger face à ces risques. Car, combien d’entrepreneurs connaissent réellement leurs droits en cas de perte d’emploi ? Certains savent-ils qu’ils sont éligibles à l’ATI (l’allocation du travailleur indépendant) ou qu’ils peuvent souscrire à une assurance couvrant le risque de perte d’emploi ? Bien souvent ce n’est hélas pas le cas, faute à une information et une prévention insuffisante. C’est une problématique d’ampleur dont la communauté des entrepreneurs (associations, réseaux d’accompagnement, conseils, organismes publics et d’Etat…) doit urgemment se saisir. 

Dans un contexte de fortes instabilités économiques et géopolitiques, quel message adresser aux entrepreneurs ? 

 Nous l’avons vu, la crise du covid puis la guerre en Ukraine ont non seulement accéléré des tendances préexistantes (problèmes d’approvisionnements, pénuries de main d’œuvre, bouleversement des modèles organisationnels…) mais elles ont également multiplié les fragilités des entreprises. Nul n’est ainsi invincible face aux risques : l’entreprise avec la trésorerie la plus robuste peut elle aussi vaciller face à des contraintes extérieures imprévisibles. Dans ce contexte, l’anticipation - au même titre que la prise de risque – doit donc faire partie de l’ADN d’un entrepreneur. Dès la création de son entreprise, il est ainsi urgent d’opter pour un filet de sécurité financier, comme la GSC, afin de se protéger en cas de coup dur. Car rappelons-le, ce n’est pas un aveu d’« échec » que de songer à cette possibilité mais c’est au contraire se donner toutes les chances de rebondir en cas de difficultés. Et c’est évidemment à ne pas négliger !